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À quelle vie spirituelle sont invités les membres du MCC ?

Psychosociologue, consultant, auteur de plusieurs livres, Bernard Bougon s.j. a été l’aumônier national du MCC pendant 6 ans. Il est aujourd’hui membre du Département d’Éthique publique du Centre Sèvres et aumônier d’équipe JP




L’ancien aumônier national et toujours aumônier d’équipe JP, Bernard Bougon, esquisse ce qu’est la vie spirituelle selon la tradition chrétienne. Charte du Mouvement à l’appui, il illustre la façon dont le MCC, et par suite ses membres, apportent une réponse à la question de la spiritualité.

Pour répondre à cette question il faut d’abord nous demander ce qu’est, selon la tradition chrétienne, la vie spirituelle. Le philosophe Louis Lavelle nous y aide lorsqu’il écrit : « La vie spirituelle n’a de sens et de valeur pour nous qu’à la condition qu’elle permette précisément de dépasser les limites du moi individuel, de nous montrer un absolu qui fonde sa réalité, qui lui reste toujours présent, qui lui assure un développement infini, qui lui permette de réaliser avec tous les autres êtres finis une communion de plus en plus parfaite ».

La réponse de la tradition chrétienne

Louis Lavelle précise que la vie spirituelle ne change rien, de prime abord, aux conditions dans lesquelles nous vivons. Il nous faut commencer par les accepter, car « elles ne deviennent transparentes pour nous que si nous laissons pénétrer d’abord en nous la même lumière qui va les pénétrer à leur tour ». Ainsi, écrit-il, la vie spirituelle n’abolit pas la vie du corps, mais lui donne une signification en en faisant une expression et un instrument de l’esprit :
—  Une expression, puisque l’esprit - ce qu’il y a de plus intime et de plus caché au fond de chaque être - doit porter témoignage de ce qu’il vit en vue de créer entre les personnes une vivante communion ;
—  Un instrument, puisque la vie spirituelle demeurerait velléité ou rêve si elle ne s’incarnait pas pour être…

Nous appuyer sur cette présentation de la vie spirituelle, transforme légèrement notre question de départ : A quels chemins de vie spirituelle les membres du MCC sont-ils invités par le mouvement ?

Le MCC prend part à la mission de l’Église

Il me semble que des éléments de réponse se trouvent dans la Charte du MCC. Je voudrais en souligner quelques-uns.

« Le MCC coopère à la mission de l’Église tout entière. Il apporte à ses membres le soutien humain et spirituel dont ils ont besoin pour progresser dans la foi et pour devenir personnellement et collectivement des témoins du Christ là où nous vivons. »

Cette vision de la coopération du MCC à la mission de l’Église s’enracine dans la constitution Lumen Gentium du Concile Vatican II. Il y est, par exemple, rappelé que « les laïcs sont appelés par Dieu pour travailler comme du dedans à la sanctification du monde en exerçant leur propre charge sous la conduite de l’esprit évangélique et pour manifester le Christ aux autres ».

Ainsi, participer à la vie d’une équipe MCC – et donc à la vie du mouvement - est une manière de répondre à l’appel que Dieu adresse à chacun de nous, car « toute vie est vocation ». Une manière de s’aider soi-même à devenir ambassadeur du Christ là où se déploient nos vies : métiers, compétences, responsabilités et engagements de tous ordres…

La parole de Dieu pour mieux connaître le Christ-Jésus

L’exigence sera ici de nourrir sa vie spirituelle de la Parole de Dieu afin de mieux connaître le Christ-Jésus pour en être, même modestement, des témoins. Parole de Dieu découverte non seulement dans la méditation personnelle des Écritures, mais tout autant dans les échanges, les réflexions, les prières partagés tant au niveau des équipes, que des secteurs, des régions (soirées, journées, week-ends,…) ou au niveau national (Conseils, Congrès, newsletters et revue Responsables,…).

« Le mouvement a pour mission d’aider ses membres à agir davantage selon l’Esprit du Christ dans tous les lieux où s’exerce leurs responsabilités, partout où s’élaborent (leurs choix) et se déterminent leurs décisions… En vue de bâtir un monde plus humain, il invite ses membres à témoigner de leur Espérance, en cherchant à vivre et travailler autrement et en sachant y mettre le prix. »

Nos marges de manœuvre

À ces lignes j’associe spontanément les propos du P. Michel Danchin s.j. qui se demandait : « Oui ou non Dieu s’intéresse-t-il au TGV ? ». Voici l’essentiel de sa réponse : « Oui, Dieu ne serait pas Dieu, le créateur et le père de son enfant l’humanité, s’il ne prenait pas au sérieux nos tracas et nos inquiétudes, nos joies, nos projets, nos passions, et les œuvres de nos mains ».
Ici, l’exigence serait double :
—  Celle du discernement spirituel : se rendre capables de percevoir, dans les situations où nous sommes engagés, ce qui est porteur de vérité et de vie de ce qui, au contraire, est entouré de mensonges et est mortifère ;
—  Celle d’une liberté personnelle toujours à rechercher, malgré toutes les oppositions. Une liberté dont témoigne, pour en donner une illustration, le personnage d’Irène Frachon dans le film La fille de Brest .

En conclusion, je voudrais simplement rappeler que la pratique, dans les réunions d’équipes, du Chemin d’Emmaüs est sans doute ce qui aide le mieux les membres du mouvement à entrer dans la spiritualité du MCC.

Bernard Bougon s.j.

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