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Vos témoignages parlent de prière, d’engagement, d’accompagnement et de déménagements

La prière, moment raté de la rencontre ? Vraiment ?

Son équipe a tout essayé. Alternativement. Au début, au milieu, à la fin. Debout. Assis. Sans. Accompagnateur d’équipes depuis dix ans, Robert Migliorini s’interroge toujours sur le moment prière lors des rencontres. Le livret de l’équipier, viatique reçu de l’expérience de nos anciens et renouvelé à chaque génération, indique une sorte de code de conduite. Reconnaissons cependant, c’est l’expérience commune en ces moments, que le temps de la prière finale est « souvent amputé » (dixit le livret). Après l’assise, quelle mise en chemin proposer ?

« L’accompagnateur, toujours d’après le livret, est en charge de veiller au grain pour rendre grâce ensemble. Sans contraindre, ni décharger les équipiers de leurs capacités d’initiatives et d’expressions ». « Cette prière ne conclut pas la réunion, » est-il écrit encore, « mais elle aide à repartir par un autre chemin ». De l’assise de nos échanges, devant une table le plus souvent, voilà que doit s’ouvrir un chemin priant pour tous. La feuille de route n’est pas écrite d’avance. Souvent même l’accompagnateur est sollicité au tout dernier moment pour trouver le bon texte de la Parole de Dieu, Ancien ou Nouveau Testament qui va « coller » au sujet du jour (souvent le soir d’ailleurs).

Quelquefois la prière des Saints de l’Église est d’un bon secours. Si le temps presse, un Notre Père, la prière confiée par Jésus à ses disciples dans l’Évangile, fait l’affaire. Chaque mot compte et l’essentiel y est dit. L’équipe rejoint alors tous les priants qui dans le monde forment une chaîne ininterrompue de louanges pour les dons reçus. Ces mots sont à tous. Jamais en panne donc mais préoccupé du bon état de la « machine » spirituelle du mouvement, l’accompagnateur sait que la régularité même peu loquace importe. Quand le silence s’installe la prière se formalise. Quelquefois une belle image ou un chant bien connu dispense de nouvelles périphrases. Surtout après deux bonnes heures d’échanges nourris par la vie quotidienne au travail.

Finalement les conseils des grands anciens s’avèrent justes pour s’en tenir à la simplicité fervente. « Que le tissu de ta prière soit d’une seule couleur. Le publicain et l’enfant prodigue furent réconciliés avec Dieu par une seule parole » (saint Jean Climaque, moine (VIème-VIIème siècle). Le chemin n’est pas voie unique mais ouverture vers d’autres horizons ».

Frère Robert Migliorini, a.a., aumônier d’équipes à Paris/]


« Je veille à ce que chacun puisse dire “Je” »

Marc Dagallier est accompagnateur spirituel d’une équipe sur la paroisse du Confluent (communes de Conflans, Andrésy et Maurecourt) depuis 6 années et aumônier de la région Yvelines – Val-d’Oise depuis l’été 2015. La spiritualité du MCC permet à ce baptisé et cadre en activité de réfléchir à la façon dont il vit ses responsabilités en chrétien et à l’inverse comment ses engagements peuvent nourrir sa foi.

« Mon engagement dans le MCC a un deuxième visage : comme diacre, je suis envoyé en mission pour le MCC, pour accompagner une équipe locale et l’équipe régionale Yvelines – Val-d’Oise. Je viens là au service des équipiers, pour les aider à trouver le chemin de l’Évangile à travers leur expérience dans le monde, être attentif aux signes de la présence du Christ dans leurs vies.
De ces rencontres, je retiens la beauté des temps de partage, où l’un ou l’autre ose se dire en vérité, sans faux semblant, en partageant ce qu’il vit de beau comme ses zones d’ombres, confiant dans l’écoute bienveillante de l’équipe.
Les thèmes choisis (communication bienveillante / accompagner un collègue mis sur la touche / savoir dire merci / la juste rémunération / le monde appartient-il aux ambitieux ? pour n’en citer que quelques-uns) sont en prise directe avec ce que nous vivons ou essayons de vivre au travail. Comme accompagnateur, je veille à ce que ces thèmes impliquent chacun personnellement. Et lors de la rencontre, même si l’animateur fait un apport de connaissance, il est important que chacun puisse dire « je », pour que les échanges ne restent pas au niveau des idées et des concepts mais portent sur ce qui est vécu, ressenti et conduisent à un vrai temps de partage.

Et souvent, c’est l’évangile du jour, que nous méditons tantôt en entrée de rencontre, tantôt pour la clore, qui vient apporter à nos discussions un éclairage nouveau. « Lequel a été le prochain de l’autre ? » (Lc 10,36) (et non pas « qui est mon prochain ? »), l’appel à « se réconcilier avec celui qui a quelque-chose contre toi » (Mt 20,23) (et pas celui à qui j’en veux) : l’Évangile vient renverser les perspectives, nous invite à un déplacement, à un décentrement qui ouvre à plus de vie ».

Marc Dagallier, 52 ans, accompagnateur spirituel en Yvelines

« Notre équipe se nourrit des engagements de chacun »

Le MCC a été proposé à Myriam et Francis Chabagno par un prêtre diocésain du Pays basque lors de la préparation au baptême d’un de leurs enfants. À un moment de « jachère » dans leurs engagements en Église, parents de jeunes enfants, jeunes pro très investis dans leur boulot, vie parisienne loin de leurs racines, ce prêtre a décelé leur recherche d’équilibre.

« Il nous a suggéré un mouvement d’Église qui place la vie professionnelle (à laquelle nous consacrons une réelle énergie) sous le regard du Christ. Il avait vu juste, car presque 24 ans plus tard, l’équipe, ses membres, son accompagnatrice, le mouvement nous permettent d’avancer ensemble en couple et alors même que nous vivons notre foi différemment au quotidien, nous attendons notre prochaine réunion MCC.

La richesse de l’équipe est son ancrage dans le concret de nos vies professionnelles et familiales, des choix sociétaux ; elle repose sur le partage, l’écoute mutuelle, la confiance et le respect de nos différences. Nous nous portons mutuellement dans les joies et dans les peines. Dieu se révèle à travers la vie des équipiers, il se nourrit de la situation et nous alimente entre deux rencontres.

Pour moi, il est essentiel que les différentes communautés d’Église qui me portent se rejoignent. Sans frontière, j’irrigue la vie de notre équipe MCC de ce que je vis en paroisse (au service des jeunes notamment), à Taizé ou auprès des personnes déplacées. Notre équipe n’est pas repliée sur elle-même, elle ne vit pas pour elle-même ; elle nourrit chacun dans les engagements qu’il prend, pour répondre présent aux appels du Christ.

Le MCC m’a donné d’apprécier la spiritualité ignatienne (un comble pour un couple qui s’est fait sur les bancs d’une grande école tenue par les jésuites !), de connaître Manrèse, d’y « apprendre » les exercices et de mettre en œuvre le discernement dans ma vie. Il me donne de voir l’Esprit Saint, de le sentir, de le goûter ».

Myriam Chabagno-Lapie, 52 ans, équipe Espéranto-Paris

« Notre question : que ferait le Christ à notre place ? »

Depuis plus de 25 ans, la spiritualité du MCC accompagne et enrichit les vies personnelles et professionnelles de Claire et Jean-Baptiste Salles. En unifiant leur parcours de vie jalonné par des étapes en France où ils ont été membres d’un Bureau national et à l’étranger où ils ont rejoint ou créé des équipes.

« Découverte en 1992 dans le sud de la France où nous vivions alors, la spiritualité ignatienne du MCC nous a tout de suite séduits par son aspect concret. La possibilité de relire en équipe les évènements de nos vies chaque mois à la lumière de la Parole de Dieu est rapidement devenue un besoin pour nous deux. Depuis lors, le partage d’expériences et le discernement vécus dans nos équipes successives nous aident à orienter ou réorienter nos vies selon les valeurs chrétiennes.

Notre vie familiale et professionnelle est marquée depuis 30 ans par des déménagements successifs en France et à l’étranger. Les équipes que nous avons rejointes ou parfois créées sont les lieux d’écoute et de partage, de recentrage et de ressourcement indispensables pour unifier notre parcours de vie et garder le cap. À chaque étape, une nouvelle équipe MCC nous aide à vivre toujours davantage selon l’esprit du Christ, à discerner nos priorités, à réfléchir à l’occasion de choix importants comme la décision de vivre à l’étranger, l’équilibre vie professionnelle / vie familiale, l’éducation internationale de nos trois enfants… avec en filigrane la question « Que ferait le Christ à notre place » ?

Si la spiritualité du MCC nous façonne peu à peu et influence nos choix personnels, elle nous permet aussi de progresser dans la foi et nous donne la force de nous engager au service des autres comme témoins du Christ, notamment dans la préparation au mariage. Témoigner des valeurs chrétiennes dans des pays culturellement très différents comme la Chine, le Maroc ou le Japon, nous fait revenir aux sources de notre foi. Par exemple, nous avons parrainé et accompagné dans ses choix de vie un jeune Béninois rencontré au Maroc, qui a maintenant toute sa place dans notre famille. Nous nous sentons comme les apôtres, nomades et missionnaires, soutenus par l’Esprit Saint où que nous vivions pour essayer de partager la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour tous les hommes ».

Claire et Jean-Baptiste Salles, 53 ans, en équipe à Tokyo

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